Une croyance populaire affirme qu'il est dangereux de dormir avec des plantes car elles « volent l'oxygène » pendant la nuit. Cette idée est scientifiquement infondée. La nuit, les plantes respirent en consommant de l'oxygène et en rejetant du CO₂, tout comme les êtres humains. Cependant, la quantité de CO₂ produite par une plante d'intérieur est dérisoire : environ 0,1 % de ce que produit un humain endormi. Dormir avec un conjoint produit infiniment plus de CO₂ qu'une dizaine de plantes.
Mieux encore, certaines plantes à métabolisme CAM (Crassulacean Acid Metabolism) inversent le schéma classique et absorbent le CO₂ la nuit en ouvrant leurs stomates dans l'obscurité. La Sansevieria trifasciata, l'Aloe vera, les Kalanchoe et les orchidées à métabolisme CAM (Phalaenopsis, Dendrobium) font partie de ce groupe. Elles contribuent donc réellement à améliorer la qualité de l'air nocturne.
Au-delà de la chimie de l'air, les plantes influencent le sommeil par des voies psychologiques et sensorielles. La présence de verdure dans la chambre réduit le stress perçu et favorise la relaxation. Certaines espèces aromatiques, comme la lavande (Lavandula angustifolia) et le jasmin (Jasminum polyanthum), émettent des composés volatils dont l'effet sédatif et anxiolytique a été documenté par des études de chronobiologie. Une étude publiée dans le Journal of Physiological Anthropology (2015) a montré que la présence de plantes dans une chambre réduit la tension artérielle et le rythme cardiaque des occupants.