Le jardin sec repose sur le principe fondamental du xéropaysagisme (du grec xeros, sec) : concevoir un espace végétal qui fonctionne avec un minimum d'apport en eau artificiel. Les plantes sélectionnées ont développé des adaptations physiologiques remarquables pour survivre à la sécheresse. Le métabolisme CAM (Crassulacean Acid Metabolism), présent chez les Sedum et les Sempervivum, permet à ces plantes d'ouvrir leurs stomates la nuit pour fixer le CO₂, réduisant ainsi les pertes hydriques diurnes de 80 % par rapport aux plantes classiques.
Le sol joue un rôle déterminant. Un sol drainant est indispensable : les plantes résistantes à la sécheresse meurent plus souvent d'excès d'eau en hiver que de soif en été. Amendez les sols argileux avec du gravier, de la pouzzolane et du sable grossier. L'objectif est d'obtenir un substrat qui ne retient jamais l'eau stagnante autour des racines, même après de fortes pluies hivernales. Un sol pauvre est paradoxalement un atout : la frugalité du substrat encourage les plantes à développer un système racinaire profond et étendu.
La disposition des plantes en jardin sec diffère du massif traditionnel. Les plantes sont espacées davantage (50 à 80 cm) pour limiter la compétition racinaire pour l'eau. L'espace entre les végétaux est recouvert d'un paillage minéral (gravier, pouzzolane, ardoise) qui limite l'évaporation, empêche les adventices et crée un contraste esthétique avec le feuillage argenté ou vert grisâtre des plantes.