Le jardin méditerranéen obéit à des principes écologiques et esthétiques spécifiques qui le distinguent des jardins classiques du nord de l'Europe. Le premier principe est l'économie d'eau. Les plantes méditerranéennes ont développé au fil de l'évolution des stratégies remarquables pour résister à la sécheresse estivale : feuillage argenté ou duveteux qui réfléchit la lumière et limite la transpiration (lavande, santoline), feuilles coriaces à cuticule épaisse (olivier, chêne vert), feuillage aromatique dont les huiles essentielles réduisent l'évapotranspiration (romarin, thym), ou encore système racinaire profond capable de puiser l'eau en profondeur (Cistus).
Le deuxième principe est l'adaptation au sol. Les sols méditerranéens sont généralement calcaires, caillouteux et pauvres en matière organique. La plupart des espèces méditerranéennes prospèrent dans ces conditions et souffrent au contraire dans les sols argileux lourds et humides. Si votre jardin a un sol lourd, incorporez du gravier et du sable grossier sur 30 à 40 cm de profondeur pour améliorer le drainage. Les plantes méditerranéennes tolèrent la pauvreté du sol ; une fertilisation excessive provoque une croissance molle et réduit la résistance au froid.
Le troisième principe est la structure minérale. Le jardin méditerranéen intègre généreusement la pierre : murets en pierres sèches, dallages en travertin, graviers clairs entre les massifs. Ces éléments minéraux stockent la chaleur le jour et la restituent la nuit, créant un microclimat favorable aux espèces frileuses. Ils évoquent aussi les paysages naturels de garrigue et de maquis qui inspirent ce style de jardin.