Toutes les ombres ne se valent pas, et cette distinction est cruciale pour le choix des espèces. L'ombre légère correspond à une zone qui reçoit deux à trois heures de soleil direct par jour, généralement le matin ou en fin de journée, ou un soleil tacheté filtré par un feuillage léger. C'est le cas typique d'un sous-bois de bouleaux ou de robiniers. La plupart des plantes d'ombre y prospèrent, et même certaines espèces de mi-ombre comme les astilbes ou les géraniums vivaces s'y plaisent.
L'ombre moyenne correspond à un éclairage indirect sans soleil direct, comme le pied d'un mur orienté au nord recevant la lumière réfléchie du ciel. Les hostas, les fougères et les hellébores s'y développent parfaitement. C'est la situation la plus courante dans les jardins de ville entourés de bâtiments.
L'ombre dense, sous des conifères à feuillage persistant ou sous un couvert de lierre, représente le défi le plus grand. Le sol y est souvent sec en raison de l'interception de la pluie par le feuillage supérieur, et la luminosité est très faible. Peu d'espèces survivent dans ces conditions : le cyclamen de Naples (Cyclamen hederifolium), le lierre (Hedera helix), la pervenche (Vinca minor) et l'aspérule odorante (Galium odoratum) comptent parmi les rares plantes capables de s'y installer durablement.